On répond à vos questions

La foire qui vaut le détour

Au DépistaFest, on est un peu comme les Gregory Charles de l’ITSS. Pose-nous ta question, on te chante la bonne réponse! Dépistage, type de protection à privilégier, symptômes, lubrifiants, name it! Nos réponses sont toutes ici.

En savoir plus sur le dépistage

Est-ce que je dois vraiment me faire dépister?

Vite de même, on pourrait pas te le dire, hélas. Ça fait qu’on a créé un quiz tout simple pour que tu saches si c’est le temps pour un p’tit soundcheck de ton entrejambe!

Répondre au quiz!

À quoi ça sert le dépistage?

Si les entrejambes étaient des instruments de musique, le dépistage serait l’équivalent d’un p’tit soundcheck avant le grand show dans la couchette. Un peu comme une guitare mal accordée ou un micro sur reverb, une ITSS peut changer ta toune sur un temps et influencer le son des autres instruments. Ahem! En bref, le dépistage permet d’analyser tes fluides pour découvrir si tu as contracté une infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS).

S’il existait un billboard des meilleures manières de savoir si tu as une ITSS, on peut dire que le dépistage serait #1. Chaque semaine.

…Oh, et si la satanée COVID-19 t’a fait réaliser la nécessité et l’utilité de te faire tester, tu n’auras pas de difficulté à comprendre pourquoi le dépistage des ITSS est aussi important.

Les essentiels à retenir pour le DépistaFest

  • Contrairement à l’adage, avec les ITSS, t’as pas besoin de le voir pour le croire. En effet, plusieurs d’entre nous peuvent contracter une ITSS et être totalement asymptomatiques! Une chance que ton pote Dépistage est là pour te dire si t’as une ITSS sur mute afin de ne pas infecter les autres sans le savoir! Never forget, un peu comme un rôti dans ton Crock-Pot, c’est pas parce que ça brûle pas que ça mijote pas.
  • Le condom ou le carré de latex ne garantit pas une protection efficace à 100 % contre les ITSS. En plus, dans le feu de l’action de la chambre à (dé)coucher, ça nous arrive de rusher avec ce caoutchouc lubrifié et on n’en fait pas toujours une utilisation parfaite.
  • Ça pique (ou pas)? Pas de panique! Les ITSS comme la gonorrhée, la syphilis ou la chlamydia peuvent avoir des conséquences graves sur la santé, oui, mais seulement si elles ne sont pas traitées rapido presto, d’où l’importance du dépistage. Une fois dépisté·e et traité·e avec des antibiotiques, tu peux retourner illico sur la piste de danse! D’autres ITSS comme l’herpès, le VIH ou certaines souches du VPH restent pour la vie, mais on peut apprendre à bien vivre avec. Voir la liste des principales ITSS pour plus de détails.
  • Se faire dépister, c’est un peu comme donner un gros free hug à tous les entrejambes du monde. C’est l’équivalent de murmurer un « je dépist’aime » dans l’oreille de tes partenaires. Le dépistage permet aussi de diminuer le nombre de personnes infectées et d’aplatir la courbe… de l’épidémie d’ITSS.
  • Comme la COVID-19, la plupart des ITSS peuvent être contractées plus d’une fois dans ta vie, hélas. C’est donc important de te faire dépister régulièrement pour connaître ton état de santé.
  • Te faire dépister régulièrement, ça fait de toi un·e pas pire partenaire qui fait attention à sa santé et à celle des autres.
  • Comme pour la COVID-19, tout le monde est à risque de contracter une ITSS : elles ne sont pas sélectives, elles raffolent des entrejambes de toutes les formes, couleurs, odeurs, pilosités, etc. Et oui, y’a pas de superpouvoir qui nous protège à tous coups contre ces vilaines infections. L’important, c’est de prendre souvent le pouls de ton entrejambe et d’éviter la transmission.

En quoi consiste un dépistage? Comment ça se déroule, concrètement?

Étape 1 : Just do it!

La première étape, c’est de prendre rendez-vous dans une clinique de dépistage ou la ressource de ton choix. Dépendamment d’où tu choisis d’aller, tu devras appeler ou remplir un formulaire en ligne pour prendre rendez-vous. Chez Prélib, par exemple, c’est super facile et rapide via leur site web. Moins long que d’attendre pour aller pisser à Osheaga, promis juré!

Quel est le meilleur moment pour prendre rendez-vous après avoir été exposé·e à un risque d’infection? Un délai minimal entre l’exposition et le dépistage est nécessaire afin que le résultat du test soit fiable. Ce délai varie en fonction de l’ITSS à dépister. Le best, c’est de prendre rendez-vous dès que tu as une inquiétude suite à une relation sexuelle afin qu’un·e professionnel·le de la santé détermine avec toi quels tests passer, et quand. Si tu dois potentiellement revenir pour faire d’autres tests, le/la professionnel·le de la santé va t’en informer. Assure-toi d’utiliser des méthodes de protection (condom interne ou externe, carré de latex ou digue sexuelle, gant de latex, etc.) lors de tes parties de jambes en l’air en attendant tes résultats.

Si tu crois avoir des symptômes, ne passe pas par le dépistage et prends directement rendez-vous avec un·e médecin.

Étape 2 : Le laissez-passer

Assure-toi d’avoir ta sacrosainte carte d’assurance maladie avec toi. Si tu n’en as pas ou si ta carte est expirée, des frais de consultation peuvent s’appliquer en fonction des cliniques. N’hésite pas à te renseigner avant ton rendez-vous.

Si tu n’as pas de carte d’assurance maladie valide, certaines ressources offrent aussi des tests de dépistage gratuits à travers le Québec. N’hésite pas à consulter leur site web pour trouver la ressource la plus près de chez toi. En voici quelques exemples :

Étape 3 : Jasette en bobettes

Une fois arrivé·e à ton rendez-vous, tu rencontreras un·e infirmièr·e et/ou un·e médecin (cela peut varier en fonction des cliniques et de la présence ou non de symptômes). Cette personne va te faire répondre à un court questionnaire pour déterminer les facteurs de risque d’infections et les tests les mieux adaptés à ta situation. Dans quelques cliniques, notamment chez Prélib, tu rempliras ce questionnaire entièrement en ligne! On sait que répondre à ce genre de questions en face à face peut être gênant pour certaines personnes. Merci *Internet*!  Que ce soit en ligne ou en personne, dans tous les cas, c’est 100 % confidentiel. Tu es entre bonnes mains; n’aie pas peur de parler de tes expériences et de tes pratiques sexuelles au personnel de la santé, car cela va aider à déterminer les bons tests à administrer.

Étape 4 : Test, 1,2,3, test

Après ce court entretien, tu passeras les tests appropriés. Les tests peuvent comprendre des prises de sang, des autoprélèvements et/ou des prélèvements faits par le/la professionnel·le de la santé et des tests urinaires. No worries, tu recevras toutes les instructions nécessaires à ce moment-là. Différents tests sont disponibles en fonction de l’ITSS à dépister et de tes pratiques sexuelles. Si tu veux faire une batterie complète, n’hésite surtout pas à en parler au personnel médical au moment de te faire dépister, même si tu n’es pas considéré·e à risque. C’est tellement correct de vouloir avoir l’esprit tranquille!

Étape 5 : Le show backstage

Après les tests, il te faudra possiblement acquitter les frais de prélèvements et/ou de transport des échantillons d’un maximum de 15 $. Dans tous les cas, ce sera moins cher qu’une poutine ordinaire dans un festival. Par contre, du 26 mai au 10 juin 2022, Prélib assume les frais de transport d’échantillons à l’occasion du DépistaFest. C’est le jour de chance de tes foufounes!

Étape 6 : Un rappel! Un rappel!

Après tout ça, il te suffira d’attendre tes résultats. En fonction des cliniques, il se peut qu’on te prévienne ou non d’un résultat négatif, mais tu seras toujours avisé·e d’un résultat positif. Assure-toi de te protéger lors de chacune de tes relations sexuelles (orales, vaginales et anales) et de suivre les indications particulières du/de la médecin ou de l’infirmièr.e en attendant tes résultats. Tu ne voudrais pas spreader ton ITSS comme un petit ballon gonflé dans la foule d’un festival!

Mais où est-ce que je peux me faire dépister?

Prélib, notre clinique officielle de festival, offre un service de dépistage en toute simplicité. Tu peux prendre rendez-vous en ligne, puis te rendre dans l’un de leur deux centres d’autoprélèvements à Montréal ou à Québec.

Tu peux également te faire dépister à plusieurs endroits, avec ou sans rendez-vous :

  • Chez ton ou ta médecin de famille;
  • Dans les CLSC;
  • Dans les cliniques spécialisées en santé sexuelle;
  • Dans les cliniques de planification des naissances;
  • Dans des cliniques jeunesse (pour les 25 ans et moins);
  • Auprès d’un·e infirmièr·e dans les écoles secondaires, les cégeps et certaines universités;
  • Dans l’un des SIDEP à travers le Québec.

Il est possible de prendre rendez-vous chez une de nos cliniques partenaires de dépistage pour trouver un service répondant à tes besoins. Il existe également d’autres outils de recherche qui ont été développés pour trouver la clinique de dépistage la plus près de chez toi :

Les tests de dépistage dans les services publics sont gratuits pour toute personne ayant une carte d’assurance maladie (RAMQ). Vive le Québak! Toutefois, des frais d’au plus 15 $ peuvent s’appliquer pour les tests en laboratoire et le transport des échantillons. Ce sera fudgin’ moins cher qu’aller à Burning Man.

Assure-toi de communiquer avec la ressource de ton choix pour connaître les heures d’ouverture, l’obligation ou non de prendre rendez-vous et les possibles frais à payer.

 

Où me faire dépister si je n’ai pas d’assurance maladie (RAMQ)?

Si tu n’as pas de carte d’assurance maladie valide, certaines ressources offrent aussi des tests de dépistage gratuits à travers le Québec. N’hésite pas à consulter leur site web pour trouver la ressource la plus près de chez toi. En voici quelques exemples :

TOUT SAVOIR SUR LES ITSS

La gonorrhée, c’est quoi?

(1) C’est quoi et comment ça se transmet

La gonorrhée est une infection causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae. C’est la seconde ITSS bactérienne la plus répandue au Québec. Il est possible de la contracter plus d’une fois dans sa vie. Elle peut se transmettre par les sécrétions du vagin, de la bouche, de l’anus et du pénis lors d’activités sexuelles avec une personne infectée. Cela inclut les relations orales, vaginales, anales, les contacts des organes génitaux sans pénétration et le partage de jouets sexuels. Il y a aussi un risque de transmission à l’accouchement.

(2) Symptômes possibles

Souvent, il n’y a aucun symptôme. Une personne peut donc être infectée sans le savoir. Dans le cas d’une infection au niveau du pénis, il y a généralement un inconfort au moment d’uriner ou un écoulement.

Gorge : inflammation de la gorge (pharyngite).

Organes génitaux : démangeaisons, écoulements génitaux anormaux, saignements vaginaux anormaux, douleurs au moment d’uriner et lors des activités sexuelles, échauffements et écoulements au niveau du rectum, douleurs et gonflements testiculaires.

(3) Complications si y’a pas de dépistage ni de traitement

Douleurs persistantes au ventre, douleur et infection aux testicules ou à la prostate, infertilité chez les personnes avec un utérus et risque de grossesses ectopiques. En l’absence de traitement, la gonorrhée peut aussi infecter le système sanguin et causer une atteinte articulaire (arthrite septique) ou même une méningite.

(4) Test à demander

Le dépistage se fait par un prélèvement au niveau des sites exposés lors des activités sexuelles (anus, vagin, urètre et gorge) ou par un test urinaire.

(5) Traitement

Le traitement de la gonorrhée est facile (prise d’antibiotiques dont la durée varie selon le site d’infection) et couvert par la RAMQ pour la personne atteinte et ses partenaires.

La syphilis, c’est quoi?

(1) C’est quoi et comment ça se transmet

La syphilis est une infection causée par la bactérie Treponema pallidum. Il est possible de la contracter plus d’une fois dans sa vie. Elle se transmet par les lésions causées par la syphilis lors d’activités sexuelles avec une personne infectée. Cela inclut les relations orales, vaginales, anales, les contacts des organes génitaux sans pénétration, le partage de jouets sexuels et les contacts directs (peau à peau) avec les lésions. Elle peut aussi se transmettre par le sang, notamment lors du partage de matériel de préparation, d’injection ou d’inhalation de drogues. Enfin, il y a un risque de transmission durant la grossesse et l’accouchement.

 

(2) Symptômes et complications

Souvent, il n’y a aucun symptôme. La syphilis a été surnommée « le grand imitateur » parce qu’on la confond souvent avec d’autres maladies. Une personne peut donc être infectée sans le savoir.

Une syphilis non traitée évolue en trois stades. Voici les principaux symptômes pour chacun des stades :

  • Stade primaire (3 à 90 jours après le contact infectieux) : chancre (ulcère non douloureux) situé au site de contact. Disparition complète du chancre après 3 à 8 semaines.
  • Stade secondaire (2 à 12 semaines après la guérison du chancre) : éruption cutanée le plus souvent sur la poitrine, le visage, les mains, les pieds et les organes génitaux, et symptômes de grippe (fièvre, maux de tête, fatigue).
  • Stade tertiaire (5 à 30 ans après la guérison du chancre) : après une longue période de latence, si la syphilis n’est toujours pas traitée, il peut y avoir plusieurs complications qui seront détaillées dans la prochaine section.

(3) Complications si y’a pas de dépistage ni de traitement

Si la syphilis n’est pas traitée, des complications sont possibles après plusieurs années : complications cardiovasculaires, lésions qui peuvent endommager la peau et les os, complications neurologiques pouvant entraîner la démence et des vertiges. À long terme, les conséquences de la syphilis peuvent causer la mort.

(4) Test à demander

Le dépistage se fait par une prise de sang.

(5) Traitement

Le traitement de la syphilis consiste en l’administration d’antibiotiques,  le plus souvent sous forme d’injection. Souvent, un seul traitement suffit, mais plusieurs traitements peuvent être nécessaires. Le traitement est couvert par la RAMQ pour la personne infectée et ses partenaires.

Le VIH/sida, c’est quoi?

(1) C’est quoi et comment ça se transmet

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est transmis par les relations sexuelles avec pénétration (anales ou vaginales) non protégées. Il est aussi transmis par le sang lors du partage de matériel de préparation, d’injection ou d’inhalation de drogues, ou lors de tatouages ou de perçages avec du matériel non stérile. Enfin, la transmission peut se faire durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

Le VIH ne se transmet pas par les actions quotidiennes, comme le contact de la peau, l’utilisation de la même toilette, du même verre, les éternuements ou encore les bises.

Indétectable = intransmissible : si la charge virale est indétectable*, il n’y a pas de transmission possible.

*La charge virale signifie la quantité de virus présente dans le sang. Lorsqu’elle est indétectable, ça veut dire que la charge virale est inférieure au seuil de détection en laboratoire.  Au Québec, il a été établi que lorsque la charge virale est indétectable, soit inférieure à 200 copies/ml, il n’y a pas de risque de  transmission du VIH.

(2) Symptômes

Il est possible de n’avoir aucun symptôme. Les symptômes, lorsque présents, peuvent aussi passer inaperçus. Une personne peut donc être infectée sans le savoir.

Il existe 3 phases propres au VIH :

  • La première phase est celle de la primo-infection, où les symptômes suivant peuvent apparaître de deux à quatre semaines après l’infection et perdurer trois semaines : symptômes de grippe (fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires), ulcères buccaux, ganglions enflés, rougeurs sur le torse et dans le visage, nausées, vomissements ou diarrhée, et perte de poids importante. Ces symptômes peuvent aussi passer inaperçus.
  • La seconde phase est asymptomatique, c’est-à-dire que les symptômes peuvent s’estomper, voire disparaître, mais le virus demeure dans le corps et peut quand même être transmis. En l’absence de traitement, cette phase peut durer plus de 10 ans chez certaines personnes.
  • La troisième phase est symptomatique, car des symptômes apparaissent alors que le système immunitaire s’affaiblit. Ces symptômes peuvent être, notamment : de la fatigue chronique, des sueurs nocturnes, de la fièvre,et de la diarrhée ou une perte de poids importante.

(3) Complications si y’a pas de dépistage ni de traitement

Le VIH s’attaque au système immunitaire. Avec le temps et si l’infection n’est pas traitée, il peut évoluer vers le sida, soit le syndrome d’immunodéficience acquise. Les personnes infectées sont porteuses du VIH à vie, mais n’ont pas nécessairement le sida. Le sida  survient après les trois phases de VIH, lorsque des infections opportunistes profitent du système immunitaire trop affaibli. Ces infections varient en symptômes et sont potentiellement mortelles si aucun traitement n’est amorcé. De nos jours, les personnes séropositives (porteuses du VIH) qui sont traitées adéquatement ont une qualité et une espérance de vie comparables à celles de la population générale.

(4) Test à demander

Le dépistage se fait par une prise de sang.

(5) Traitement

Il n’y a pas de traitement pour guérir du VIH. Par contre, il existe des médicaments pour assurer un contrôle du virus, ce qui diminue le risque de transmission et ralentit l’évolution de la maladie vers le sida. La prise des médicaments accompagnée d’un suivi médical approprié peut même permettre de rendre la charge virale indétectable et ainsi éliminer le risque de transmission du virus.

L’herpès génital, c’est quoi?

(1) C’est quoi et comment ça se transmet

L’herpès est une infection causée par le virus de l’Herpès simplex de type 1 ou 2. Généralement, l’herpès de type 1, aussi connu sous le nom de «feu sauvage», se situe sur ou autour de la bouche, mais peut aussi se retrouver sur les organes génitaux, et l’herpès de type 2, sur les organes génitaux, mais peut aussi se retrouver sur ou autour de la bouche. Le virus se transmet par le contact direct de peau à peau avec la région infectée lors d’activités sexuelles. Cela inclut les relations orales, vaginales, anales, les contacts des organes génitaux sans pénétration, le partage de jouets sexuels et les baisers. Il y a aussi possibilité de transmission au moment de l’accouchement, mais des précautions peuvent être prises en accord avec le médecin. Lorsqu’il y a des lésions, le risque de transmission est à son maximum, mais le risque est aussi présent durant les périodes d’excrétion asymptomatique.

(2) Symptômes possibles

Souvent, il n’y a aucun symptôme ou des symptômes mineurs non reconnus. Une personne peut donc être infectée sans le savoir.

Primo-infection

S’il y a présence de symptômes, la personne vivra une première poussée appelée primo-infection, qui survient en moyenne six jours après l’infection. Les principaux symptômes sont  des petites cloques près des organes génitaux ou de la bouche qui se transforment en ulcères douloureux, et des symptômes de grippe (fièvre, maux de tête, fatigue, courbatures). La primo-infection dure en moyenne de une à trois semaines sans prise de médicaments. Cet épisode est considéré comme le plus intense et le plus long.

Épisodes subséquents

La personne vivra ensuite des épisodes récurrents. La durée et l’intensité des symptômes varient considérablement d’une personne à l’autre, mais ils tendent à diminuer avec le temps. La personne peut également faire l’expérience de prodromes, des petits signes avant-coureurs qui surviennent de 24 à 48h avant l’apparition des lésions.

Excrétions asymptomatiques

Enfin, il peut y avoir des épisodes d’excrétions asymptomatiques, qui sont contagieuses. Ça veut dire que le virus est assez « fort » pour arriver à la surface de la peau et se transmettre, mais pas assez pour causer une lésion. Ces périodes asymptomatiques peuvent se produire entre les épisodes récurrents sans que la personne le sache.

(3) Complications si y’a pas de diagnostic ni de traitement

Outre les épisodes récurrents, les complications liées à l’herpès sont rares, mais peuvent être graves, comme une encéphalite ou une méningite. Si une personne n’utilise pas les traitements pour diminuer les symptômes, les épisodes récurrents peuvent être plus longs, plus douloureux et plus fréquents.

(4) Test à demander

Il n’y a pas de dépistage comme tel pour l’herpès.

Si tu présentes des symptômes comme des lésions douloureuses au niveau génital, il faut prendre rendez-vous avec un·e professionnel·le de la santé qui pourra faire un prélèvement et confirmer le diagnostic.

Tu peux aller dans une clinique spécialisée en santé sexuelle comme l’Actuel pour obtenir ta consultation médicale.

(5) Traitement

Il n’existe pas de traitement pour guérir de l’herpès. Les personnes infectées sont porteuses du virus à vie. Il existe toutefois des traitements sous forme de comprimés oraux pour amoindrir l’intensité et la durée des symptômes ainsi que les risques de transmission. Certaines personnes ayant des épisodes plusieurs fois par année peuvent aussi faire appel aux traitements en mode suppressif pour prévenir ces épisodes.

L’hépatite B et C, c’est quoi?

(1) C’est quoi et comment ça se transmet

Les hépatites sont des inflammations du foie provenant de différents virus. La transmission de l’hépatite B et C se fait par les fluides corporels, incluant le sang, lors de relations sexuelles avec pénétration (anales ou vaginales) non protégées. Les hépatites sont aussi transmises par le sang lors du partage de matériel de préparation, d’injection ou d’inhalation de drogues ou lors de tatouages ou de perçages avec du matériel non stérile. Il peut aussi y avoir transmission durant la grossesse et l’accouchement.

(2) Symptômes

Il est possible de n’avoir aucun symptôme. Lorsqu’il y a des symptômes, ceux-ci peuvent survenir jusqu’à plusieurs mois après l’infection, voire quelques années pour l’hépatite C. Les symptômes peuvent comprendre une fatigue importante, une perte d’appétit, des nausées ou des vomissements, des douleurs au ventre ou des diarrhées, des selles pâles ou une urine foncée, de la fièvre ou la jaunisse.

(3) Complications  si y’a pas de dépistage ni de traitement

La plupart du temps, l’hépatite B se guérit d’elle-même après six mois, mais dans le cas où le virus persiste dans le corps, la personne devient alors « porteuse chronique » et risque de la transmettre à ses partenaires.

L’hépatite C, quant à elle, guérit rarement d’elle-même et devient souvent chronique.

Les hépatites B et C augmentent le risque de maladies graves du foie, comme la cirrhose et le cancer.

(4) Test à demander

Le dépistage se fait par une prise de sang.

(5) Traitement

Les traitements contre l’hépatite B sont peu efficaces, mais un vaccin (couvert par la RAMQ sous certaines conditions) permet de s’en protéger.

Le traitement contre l’hépatite C est de plus en plus accessible et facile; il se prend pendant quelques semaines et permet la guérison totale dans la majorité des cas. Il n’existe pas de vaccin pour l’hépatite C. Il est à noter qu’il existe d’autres ITSS, comme l’hépatite A, le virus du papillome humain (VPH) et la lymphogranulomatose vénérienne (LGV). On t’invite à consulter le site web de la clinique Quorum pour en savoir plus.

Une ITSS, quossé ça?

ITSS est un acronyme qui veut dire  « infections transmissibles sexuellement et par le sang ». On inclut ici toutes les infections qu’on peut contracter lors d’activités sexuelles (anales, vaginales ou orales) et par contact sang à sang, comme lors de tatouages ou de perçages avec du matériel non stérile, ou encore lors du partage de matériel utilisé pour la consommation de drogues.

La chlamydia, c’est quoi?

(1) C’est quoi et comment ça se transmet

La chlamydia est une infection causée par la bactérie Chlamydia trachomatis. C’est l’ITSS bactérienne la plus répandue au Québec. Si c’était une chanson pop, elle serait la #1 sur les billboards. Il est possible de la contracter plus d’une fois dans sa vie. Elle peut se transmettre par les sécrétions du vagin, de la bouche, de l’anus et du pénis lors d’activités sexuelles avec une personne infectée. Cela inclut les relations orales, vaginales, anales, les contacts des organes génitaux sans pénétration et le partage de jouets sexuels. Il y a aussi un risque de transmission à l’accouchement.

(2) Symptômes possibles

Souvent, il n’y a aucun symptôme. Une personne peut donc être infectée sans le savoir.

 

Gorge : inflammation de la gorge (pharyngite).

Organes génitaux : démangeaisons, écoulements génitaux anormaux, saignements vaginaux anormaux, douleurs au moment d’uriner et lors des activités sexuelles, démangeaisons, échauffements et écoulements au niveau du rectum, douleurs et gonflements testiculaires.

(3) Complications si y’a pas de dépistage ni de traitement

Douleurs persistantes au ventre, douleur et infection aux testicules ou à la prostate, infertilité chez les personnes avec un utérus et risque de grossesses ectopiques.

(4) Test à demander

Le dépistage se fait par un prélèvement au niveau des sites exposés lors des activités sexuelles (anus, vagin et gorge) ou par un test urinaire.

(5) Traitement

Le traitement de la chlamydia est facile (prise d’antibiotiques dont la durée varie selon le site de l’infection) et couvert par la RAMQ pour la personne atteinte et ses partenaires.

Comment je peux réduire les risques?

Méthodes de protection physique

Condom externe

Le condom externe, c’est-à-dire le condom « classique », est la méthode de protection la plus populaire contre les ITSS. Une vraie tête d’affiche de la protection! Le condom externe est mis sur le pénis, le dicklit (nom donné par certaines personnes transmasculines à la partie externe du clitoris qui a grandi avec la testostérone) ou les jouets sexuels (comme les dildos ou les vibrateurs) avant la pénétration vaginale ou anale. Lors du partage de jouets sexuels, le condom doit être changé entre chaque utilisation et chaque personne. Il existe plusieurs tailles pour s’adapter à la surface à couvrir, et plusieurs saveurs pour le sexe oral (mais attention, la gang! On garde les condoms à saveur pour le sexe oral, puisqu’ils peuvent créer une irritation ou une réaction allergique dans le vagin).

Les condoms externes peuvent aussi être coupés sur le sens de la longueur pour servir de protection (digue sexuelle) pour le sexe oral. Ça demande cependant un peu de bricolage (#ArtAttack) et il faut faire attention avec les ciseaux pour ne pas abîmer la surface utilisée.

Il existe une grande diversité de condoms pour fitter avec ton style de fessetivalièr·e. Voici nos coups de coeur de la saison :

Incontournable : les condoms lubrifiés

On ne change pas un classique. La plupart des condoms sont lubrifiés pour minimiser la friction et maximiser le confort. De plus, savais-tu que la friction augmente les microlésions et ainsi le risque de transmission d’une ITSS (si tu as un condom non lubrifié, tu peux aussi l’utiliser avec un lubrifiant, mais évite ceux à base d’huile)?

Coup de coeur : les condoms de différentes tailles

Il existe différentes tailles pour que chaque personne soit à son aise: des formats slim fit qui sont idéaux pour un confort un peu plus serré, ou des magnums, plus grands et dont l’embout est plus large pour quand on se sent un peu trop à l’étroit. Choisir un condom de la bonne taille te donne plus de confort et t’assure que le condom reste en place.

Découverte : les condoms à saveurs

Pour se protéger lors des relations orales, les condoms à saveurs sont plus agréables à utiliser que les condoms lubrifiés de base, mais ils sont à éviter lors d’une pénétration vaginale puisque le sucre présent dans la saveur peut irriter ou même causer une réaction allergique.

Découverte : les condoms sans latex naturel

Tu ne penses pas pouvoir porter de condom parce que chaque fois, ça te fait l’équivalent d’un coup de soleil dans les bobettes? Il se peut que tu sois allergique au latex. Tu n’as qu’à essayer les condoms hypoallergéniques sans latex naturels pour avoir le fun safe que tu mérites.

Condom interne

Le condom interne se met à l’intérieur du vagin ou de l’anus avant la pénétration par un pénis, un dicklit (nom donné par les personnes transmasculines au clitoris qui a grandi avec la testostérone) ou un jouet sexuel. Il doit être mis avant la pénétration anale ou vaginale.

Digue sexuelle (aussi appelé carré de latex)

Le carré de latex est, comme son nom l’indique, en forme de carré (eh oui!) et peut être utilisé pour couvrir la vulve ou l’anus lors du sexe oral.

Gant ou doigt de latex

Le gant de latex, comme son nom l’indique, est à enfiler sur la main comme un gant et peut servir de protection lors de la masturbation mutuelle et du fistfucking. Autre option: le doigt de latex, qui se met sur un seul doigt pour la stimulation digitale de l’anus, du clitoris ou du vagin. Put your gloves on. 🤙

Lubrifiant

Savais-tu que la friction augmente les microlésions et ainsi le risque de transmission d’une ITSS? Le lubrifiant peut être utilisé seul ou avec une méthode de protection pour augmenter le plaisir et diminuer la friction. Il existe des lubrifiants à base d’eau, de silicone ou d’huile et une sélection diversifiée en termes de textures, d’odeurs ou de sensations selon nos préférences. Les lubrifiants, il y en a vraiment pour toutes les crowds!

Attention à ne pas utiliser de lubrifiant à base d’huile avec des condoms de latex, car ça pourrait les endommager et ne plus vous protéger (donc attention à cette super recette DIY à base d’huile de coco)!

Coup de coeur

Le lubrifiant à base de silicone est un must si tu veux que ça glisse jusqu’à la prochaine saison fessetivalière. Don’t worry, glisse happy ! Il est aussi compatible avec les condoms, mais évite-le avec des jouets en silicone… Sinon, tu peux dire adieu à ton nouveau vibrateur à 250$ (ça vaut aussi pour ton lubrifiant DIY à base d’huile de coco)!

Le lubrifiant à base d’eau est ton meilleur choix si tu veux te rapprocher le plus possible de la lubrification naturelle ou si tu as tendance à avoir des réactions allergiques, puisque son pH respecte celui du vagin. Il est aussi compatible avec les condoms et les jouets sexuels. En plus, il est inodore et sans goût. C’est ton partenaire de fesses le plus friendly !

Ce sont nos coups de cœur, mais on a un article encore plus détaillé pour toi si tu veux tout savoir sur la variété de lubrifiants.

PrEP et PPE

La prophylaxie pré-exposition (PrEP, de l’anglais pre-exposure prophylaxis) et la prophylaxie post-exposition (PPE) sont des outils de protection supplémentaires contre le VIH qui, combinés à des pratiques sexuelles sécuritaires, permettent de réduire le risque de transmission pour les personnes qui n’ont pas le VIH.

La PPE se prend le plus tôt possible après une exposition potentielle au VIH – jusqu’à un délai de 72 heures pour être le plus efficace possible. C’est une trithérapie (combinaison de trois médicaments) qui est couramment utilisée pour traiter le VIH et qui vise à bloquer la réplication du virus et, ainsi, à empêcher une infection permanente. Si tu crois avoir été exposé·e à un risque de contracter le VIH, tu dois obtenir une consultation médicale le plus rapidement possible pour commencer le traitement dans les 72h. Tu peux te rendre à l’urgence dans les hôpitaux ou dans les cliniques spécialisées en santé sexuelle. Un·e pharmacien·ne peut aussi te le prescrire pour trois jours, le temps que tu aies ta consultation. Le traitement a une durée de 28 jours et est couvert par le régime d’assurance médicaments du Québec, ce qui fait que la contribution maximale est d’environ 95 $ (au lieu de 1500-2000 $).

La PrEP est pour sa part un traitement préventif. Elle combine deux médicaments utilisés pour traiter le VIH en un seul comprimé et vise à bloquer la réplication du virus pour empêcher une infection permanente. La PrEP s’adresse aux personnes à risque de contracter le VIH, comme une personne séronégative ayant des relations sexuelles fréquentes avec une ou des personnes séropositives dont la charge virale est détectable ou qui n’est pas traitée. Si tu crois que la PrEP est un bon choix pour toi, n’hésite pas à prendre rendez-vous avec un·e médecin pour en savoir plus. Si tu es couvert par le Régime de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), tu auras tout de même un montant minimal d’environ 95 $ par mois à débourser pour ce traitement préventif.

Masturbation mutuelle

La masturbation mutuelle peut être une méthode efficace pour prévenir la transmission d’ITSS, surtout si tu es en attente d’un résultat de dépistage, wink wink. Pour un maximum de plaisir avec un minimum de risque, prends le contrôle de ton engin et laisse ton/ta/tes partenaire·s admirer tes manœuvres. Ou pourquoi ne pas s’offrir un 2 pour 1 en vous masturbant chacun·e tout en regardant l’autre faire de même?

Si tu es plus du genre masturbation en groupe ou fistfucking, le gant de latex et les condoms internes ou externes devraient faire partie de ton party mix.

Abstinence

Ne pas avoir de relations sexuelles demeure la façon la plus efficace de prévenir le risque de transmission d’ITSS. Ça peut être poche pour certaines personnes, mais c’est malheureusement vrai! Surtout si tu attends un résultat de dépistage ou si tu as reçu un résultat positif et que tu attends la fin de ton traitement. Tu peux aussi considérer l’abstinence si toi ou ton/ta/tes partenaire·s avez des lésions (par exemple, herpès ou condylomes) qui peuvent augmenter les risques de transmission de certaines ITSS comme l’herpès, la syphilis et le VPH.